Alors que la Ville supprime des postes dans ses services publics, ce sont, une fois encore, les plus fragiles qui en subissent les conséquences. Dans le même temps, des millions d’euros sont mobilisés pour des opérations de prestige et de communication. Ce n’est pas une dérive : c’est un choix politique assumé.
La culture sacrifiée, les publics oubliés
Dans le secteur culturel, les coupes sont particulièrement révélatrices. La Bibliothèque voyageuse, service public de proximité essentiel, est directement touchée. Faute de moyens, elle ne passera plus qu’une fois tous les deux mois au lieu d’une tournée mensuelle. Ce recul prive d’un accès à la lecture les personnes âgées, les tout-petits, les habitants isolés — celles et ceux pour qui ce service représente souvent le seul accès gratuit à la culture.
Depuis deux ans, les bibliothèques municipales fonctionnent déjà en mode dégradé. Avec trois suppressions de postes et deux postes gelés, la situation ne peut que s’aggraver : moins d’agents, moins de présence sur le terrain, moins de service public rendu.
À la Cité des arts, la même logique est à l’œuvre. La suppression du poste de professeur de hip-hop — pratique culturelle issue des quartiers populaires — illustre un mépris inquiétant pour l’éducation artistique, la diversité culturelle et l’accès de toutes et tous à la création.
Une politique d’austérité généralisée
La culture n’est malheureusement pas un cas isolé. À l’échelle de la collectivité, 31 postes sont supprimés cette année, après 21 l’an dernier. En deux ans, ce sont plus de cinquante emplois qui ont disparu. Les conséquences sont connues : des équipes épuisées, des conditions de travail dégradées et un service public affaibli, parfois exsangue.
Des millions pour l’image, rien pour l’essentiel
Dans le même temps, la municipalité trouve 3 millions d’euros pour financer le passage du Tour de France : quelques minutes d’antenne, des hélicoptères au-dessus de la ville, une vitrine éphémère au service de l’image du maire. De belles images, pendant que les missions essentielles — culture, solidarité, services de proximité — sont sacrifiées.
Un choix politique, pas une fatalité
Supprimer des postes, réduire les services publics, fragiliser les agents et les usagers n’a rien d’inéluctable. C’est un choix politique clair : celui du prestige contre l’intérêt général, de la communication contre l’humain.
Aucun passage du Tour de France, aussi médiatisé soit-il, ne viendra réparer les dégâts causés à long terme par l’abandon du service public.
